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La St-Jean-Baptsite (histoire)
Postée le 23/06 03:26
Les origines des célébrations du 24 juin sont immémoriales. Chez les païens, le solstice d'été était célébré par des feux de nuit (voir le Collier des Brísingar).

Pour lutter contre le paganisme, les évêques implantent des sanctuaires de Saint Jean Baptiste dont la fête doit se substituer au culte des divinités barbares (par exemple Koupalo chez les Slaves) qui, avec les invasions successives des Saxons puis des Vikings, durera jusqu'à la fin de la dynastie des Carolingiens.

Ainsi, l'un des sanctuaires les plus caractéristiques concernant cette lutte d'influence est celui de Saint Jean Baptiste d'Audresselles, en France, à quinze mille de l'Angleterre. Ce sanctuaire surélevé, d'où l'on voit le soleil se coucher dans la mer, est entouré par ceux des dieux germaniques dont les villages entourant Audresselles portent toujours le nom: Audinghen (Odin, Wotan ou Wedne), Raventhun (le corbeau accompagnait Odin), Ambleteuse, auparavant Amel Thuys (dieu Thuys ou Tues), Tardinghen (dieu Thar, Thor ou Thurst), Loquinghen (dieu Loki), Bazinghen (déesse Basine) etc.

Encore aujourd'hui, c'est à Saint-Jean-Baptiste-d'Audresselles que se réunissent tous les catholiques de la région pour les grandes fêtes religieuses. Parmi eux se trouvent des familles d'Acadiens revenus dans le Boulonnais après la perte du Canada par la France.

Officielle sous l'Ancien Régime, la fête de la Saint-Jean-Baptiste reste une fête très populaire dans les zones catholiques de la France actuelle.

La fête débarque en Amérique avec les premiers colons français. Les premières célébrations de cette fête chrétienne en Nouvelle-France auraient eu lieu vers 1636 selon les Relations des Jésuites[2].



La St-Jean Baptiste

Les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste prennent une tournure très patriotique au Bas-Canada grâce, entre autres, aux actions de Ludger Duvernay, qui deviendra le premier président de la Société Saint-Jean-Baptiste.

C'est le 24 juin 1834 qu'est chanté pour la première fois le « Ô Canada! mon pays, mes amours » de George-Étienne Cartier lors d'un grand banquet patriotique regroupant une soixantaine de francophones et d'anglophones de Montréal dans les jardins de l'avocat John McDonnell, près de l'ancienne gare de Windsor[3]. Plusieurs hommes politiques réformistes dont Edmund Bailey O'Callaghan, Louis Perrault, Thomas Storrow Brown, Édouard-Étienne Rodier, Louis-Hippolyte Lafontaine et le maire de Montréal Jacques Viger sont présents lors de ce banquet.

Suite à cette première célébration, le journal La Minerve conclut que « Cette fête dont le but est de cimenter l'union des Canadiens ne sera pas sans fruit. Elle sera célébrée annuellement comme fête nationale et ne pourra manquer de produire les plus heureux résultats. » [4] C'est à partir de cette date que la fête nationale des anciens Canadiens en vient à correspondre avec la fête catholique de Saint-Jean-Baptiste, déjà bien ancrée dans la tradition.

Suite aux soulèvements des Patriotes de 1837 et 1838 et aux répressions militaires qui suivirent, la fête ne fut plus célébrée pendant plusieurs années. Lorsqu'elle réapparaît, c'est sous la forme d'une célébration essentiellement religieuse, bien que les feux soient toujours présents. À Québec en 1842, elle donne lieu à une grande procession religieuse, inaugurant ainsi la tradition du défilé de la St-Jean-Baptiste, promis à une longue postérité. En 1843, Duvernay établit l'Association Saint-Jean-Baptiste, une société charitable et patriotique, en vue de la célébration de la fête de cette année-là à Montréal en 1843.

Le 24 juin 1880, les citoyens de la ville de Québec participant aux festivités de la St-Jean-Baptiste se font chanter un autre « Ô Canada », aujourd'hui fort célèbre. Il devient populaire très rapidement et on le désigne même comme "hymne national" des canadiens-français. Les paroles sont d'Adolphe-Basile Routhier et la musique de Calixa Lavallée.

En 1908, le pape Pie X fait de Saint-Jean-Baptiste le patron spécifique des Canadiens français. La procession de chars allégoriques est introduite en 1874. De 1914 à 1923, les défilés n'ont pas lieu.

En 1925, le gouvernement du Québec fait du 24 juin un jour férié.

Après la Révolution tranquille, le 24 juin devient très politique, les générations les plus jeunes rejetant la symbolique religieuse associée aux festivités. Durant cette époque, le Gouverneur-Général Georges Vanier lui trouvait à la cible des souverainistes québécoises à Montréal. C'est le 24 juin 1964 que Vanier se montrait à la défile de Jean-Baptiste, alors qu'un groupe distribuait des documents, Vanier vendu et Vanier fou de la Reine.[5]

En 1968, un incident survint durant le défilé traditionnel du 24 juin auquel assiste entre autres - à la veille d'une élection générale - le premier ministre du Canada de l'époque, Pierre Elliott Trudeau, dont l'hostilité pour la thèse indépendantiste est bien connue. Il devient rapidement la cible d'un groupe de manifestants indépendantistes qui scandent « Trudeau traître, Trudeau vendu, à bas Trudeau » et tentent de le chasser de la tribune à coup de pierres et de bonbonnes d'acide. Trudeau refuse de quitter la scène expliquant plus tard dans son autobiographie : « Je n'avais pas du tout envie d'obéir à une violence aussi saugrenue. Je déteste la violence. Démocrate, je n'admets pas qu'une infime minorité d'agitateurs tente de chasser à coups de pierres les invités de la majorité. » Les forces policières au service de l'intégrité du régime démocratique défendu par le premier ministre procédèrent à la répression des manifestants. L'opération se termina par l'arrestation de 290 personnes et 125 manifestants, spectateurs et policiers furent blessés (sans compter les chevaux de la GRC). La SRC et la CBC ont rediffusé la scène du refus de Trudeau de quitter la scène dans les journaux télévisés du soir. D'après les commentateurs politiques de l'époque, de nombreuses personnes considérèrent le geste de Trudeau comme étant un acte ouvert de courage, impressionnant pour l'électorat Canadien anglais. Les adversaires des indépendantistes ont soutenu que la manifestation avait eu l'effet contraire de celui visé par les indépendantistes et, sans jamais en apporter la démonstration, ils affirmèrent que cela avait contribué à la victoire du Parti libéral lors de l'élection fédérale du lendemain. (Le PLC obtint 45,37% des voix des électeurs canadiens et 53,6 % de celles des Québécois.)

En 1969, on détruisit la petite icône de Saint-Jean-le-Baptiste durant une émeute. Cet incident causa une interruption du défilé, qui n'eut pas lieu l'année suivante non plus.



Fête nationale.

C'est le 11 mai 1977, que, par un arrêté ministériel du gouvernement de René Lévesque, le 24 juin devient officiellement le jour de la Fête nationale du Québec. L'année suivante, le comité organisateur de la Fête nationale du Québec est créé. Le comité confia d'abord l'organisation des événements à la Société Saint-Jean-Baptiste. En 1984, l'organisation est confiée au Mouvement national des Québécoises et des Québécois dont fait partie la Société Saint-Jean-Baptiste.

La Saint-Jean devient donc la fête de tous les Québécois et non plus uniquement celle des Québécois d'origine canadienne-française et catholique. Par les actions de la Société Saint-Jean-Baptiste et du Mouvement national des Québécois principalement, la fête s'est graduellement laïcisée.

Malgré tout, la fête demeure toujours l'occasion d'un grand festival culturel dont les Québécois profitent pour manifester leur existence au monde et leur sentiment d'appartenance au Québec. La tradition d'allumer des feux durant la nuit est toujours vivante.

La plus grande manifestation se déroule dans la Ville de Québec (qui est la Capitale nationale) sur les Plaines d'Abraham, qui réunit chaque année plus de 80 000 personnes [6].

Depuis le 8 juin 1978, la Commission des normes du travail du Québec veille à l'application de Loi sur la fête nationale, qui fait du 24 juin un jour de congé férié et chômé. Si elle tombe, un autre jour de congé, un autre congé doivent être ajoutés. Si en raison de la nature de l'emploi, le travailleur ne peut s'absenter de son travail, il doit recevoir une indemnité.


Source

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